Cet espace « Clin d’œil » se veut informer sur les aspects les plus subtils dans le domaine du sport.
Extraits de livres, paroles célèbres, anecdotes, etc. ces recueils concis et profonds ont pour auteur des grands champions, des coachs, des enseignants, des thérapeutes, des médecins, etc. Ils permettent de vous éclairer sur l’évolution du monde sportif.

Suzanne Lenglen

Suzanne Lenglen

LES CARACTERISTIQUES ESSENTIELLES DU TENNIS EN 1937 SELON SUZANNE LENGLEN
(Propos recueillis : « Initiation au tennis » *Suzanne Lenglen/*Margaret Morris/éditions Albin Michel en 1937)


« Voyons d’abord son rôle de formation. Du point de vue purement physique, et contrairement à un préjugé malheureusement trop répandu, le tennis est un sport extrêmement complet. Je sais bien que beaucoup de gens s’imaginent encore que le tennis se joue uniquement avec le bras droit. C’est assez exact lorsqu’on y joue mal. Mais pratiqué comme il doit l’être, il met en jeu absolument tous les muscles du corps. Le bras droit n’est qu’un lien entre la raquette et le torse, et son action réelle est infiniment moins importante qu’elle ne le paraît au premier abord. Les jambes remplissent évidemment un rôle extrêmement important ; mais après elles, ce sont les dorsaux, les pectoraux et surtout les abdominaux qui travaillent le plus et ce travail se produit dans d’excellentes conditions car les mouvements de préparation s’effectuant en sens inverse des mouvements d’exécution, mettent en jeu continuellement les muscles antagonistes ; condition parfaite, par conséquent, pour la réalisation d’un développement harmonieux et équilibré. Cette qualité d’équilibre, cette nécessité de déplacer tout le corps avec une extrême rapidité pour exécuter avec précision des mouvements extrêmement complexes, est un des points les plus attrayants du tennis.
Et comme tout le reste du jeu, elle est conditionnée par ce qui est indiscutablement la caractéristique dominante de notre sport : la vitesse.
Par vitesse, j’entends non seulement la vitesse de déplacement, mais la rapidité de coordination de tous les muscles dans l’accomplissement de gestes précis, l’appréciation immédiate des distances, la rapidité fulgurante des décisions. C’est donc une vitesse totale de toutes les réactions de l’être humain que le tennis exige et je ne crois pas qu’aucun sport puisse lui être comparé à ce point de vue. En effet, certains comme le football ou le hockey demandent une grande vitesse de déplacement, et sur des distances sensiblement plus longues que celles parcourues par le joueur de tennis. Mais une fois la balle lancée elle revient rarement immédiatement vers le lanceur.
Au tennis, au contraire, à peine la balle a-t-elle été envoyée qu’il faut se préparer à la recevoir de nouveau. Cet échange continuel, quelques secondes à peine s’écoulant entre chaque coup, nécessite une rapidité d’action exceptionnelle ; et seuls certains jeux analogues au tennis, tels que la pelote basque ou le squash peuvent lui être comparés à ce point de vue. Encore quoiqu’ils paraissent au premier abord aussi rapide que le tennis, ils le sont moins en réalité. En effet, le mur malgré sa sévérité apparente, est un adversaire moins dangereux que l’espace vide en face duquel se trouve le joueur de tennis. Lorsqu’un pelotari ou un joueur de squash déplacé par une balle en angle, parvient à l’atteindre péniblement à bout de course et en état de déséquilibre, il peut la renvoyer aussi fort qu’il veut et un peu au hasard contre le mur. Il n’aura pas sans doute exécuté un coup gagnant, mais la balle aura été renvoyée et sera remise en jeu. Le joueur de tennis, lui, ne peut se permettre cette liberté : si une balle est frappée trop haut ou trop fort elle sortira du court. Sous peine de perdre le point par sa propre faute, il lui faudra dans les situations les plus difficiles, dans les échanges au filet les plus rapides, conserver le contrôle de ses muscles et la précision de ses mouvements. Et rien n’est plus difficile à conjuguer que la vitesse et le contrôle du geste. C’est la réunion de ces deux qualités avec une troisième, l’endurance qui fait du tennis un si merveilleux sport de développement physique. Car l’animal humain parfait doit être à la fois résistant, rapide, parfaitement équilibré.
Nous venons de voir comment le tennis utilise à leur maximum les qualités de coordination et par conséquent d’équilibre ; il développe tout autant la résistance : une partie de tennis en trois manches dure environ une heure, une partie en cinq manches dure deux à trois heures. Pendant toute cette période, le joueur se livre à des courses et des bonds continuels, en même temps qu’à des mouvements de rotation du torse, de flexion et d’extension des bras et des jambes. Ceci représente déjà un gros effort physique. Mais de plus cet effort doit s’accomplir dans des conditions de précision parfaite ; le joueur de tennis ne peut remplacer la délicatesse de touche et la perfection de son exécution par de la brutalité ; il faut que ses muscles accomplissent jusqu’au bout des mouvements parfaits : une balle attaquée dix centimètres trop bas rencontre le filet ; frappée un peu trop haut ou trop fort elle sort des limites du court. Seuls des muscles encore frais peuvent exécuter un geste parfait, et les muscles du joueur doivent être suffisamment endurants pour conserver jusqu’au bout la souplesse et l’élasticité qui sont la condition indispensable de cette perfection.
Naturellement, cette résistance musculaire doit être accompagnée d’une résistance cardiaque et pulmonaire équivalente. Seul, un sang rénové continuellement par une oxygénation suffisante peut permettre à l’organisme de supporter ces efforts répétés.
Le tennis est donc un sport athlétique au plus haut degré. Mais ici, il importe d’établir une distinction bien nette entre le sport athlétique et le sport de force pure. La force, la capacité de soulever ou de porter des objets lourds, est une qualité très surestimée en sport. Elle est utile car elle permet à ceux qui la possèdent d’exécuter certains gestes ou certains travaux avec facilité. Mais c’est une qualité innée et qui ne se développe artificiellement qu’aux dépens, le plus souvent, des autres qualités athlétiques. Excepté dans le cas de sports où elle compte seule, la force est souvent une gêne, et les hommes exceptionnellement forts sont très souvent de médiocres athlètes. Il me semble que le type physique à encourager n’est pas le type « bête de somme », mais l’athlète vif, résistant, bien équilibrée et capable d’utiliser toute sa puissance à un moment donné et sur un point donné avec rapidité, précision et souplesse. Le tennis est une admirable école pour la mise au point de ce type d’animal humain.
Le champion est un accident de la nature auquel ses qualités exceptionnelles permettent d’accomplir certains gestes mieux que tous ses adversaires. Une étude du tennis ne permettra pas plus à l’individu moyen de devenir un Tilden ou un Lacoste que l’étude du piano ou du violon ne lui permettrait de devenir un Paderewski ou un Paganini. Mais le sport joue dans la vie moderne un rôle de toute première importance. Et le sportif qui s’élance sur un court sans essayer de comprendre les principes fondamentaux de son sport, agit à peu près comme le condamne volontairement à ne tirer toute sa vie qu’un plaisir très relatif de ce qui doit être pourtant sa distraction favorite puisqu’il l’a choisie.
Des expériences que j’ai tentées parmi les élèves de mon école, il résulte que l’homme moderne, moyen, est le plus souvent incapable d’accomplir du premier coup un geste difficile, même s’il l’a parfaitement compris. Cette caractéristique s’accentue encore si une cadence un peu rapide est imposée au sujet, et c’est le cas du tennis. Il faut donc, dans la majorité des cas, développer à la fois la puissance musculaire de l’élève et sa coordination.
Par exemple, si au début, le joueur est incapable de faire pivoter son torse assez rapidement pour exécuter un drive correct, c’est parce que ses abdominaux et ses dorsaux sont insuffisamment développés et parce que de plus, ayant un mouvement nouveau à exécuter, ils n’obéissent que lentement aux impulsions cérébrales. Avec la pratique, ces défauts disparaîtront.
Mais si cette pratique est acquise uniquement par le jeu, la maladresse dont fait preuve le joueur au début, aura tendance à le décourager. Surtout, dans son désir de frapper la balle, il se servira d’autres muscles plus exercés et prendra ainsi l’habitude d’exécuter son coup incorrectement.
Il me parait donc indispensable de développer la capacité musculaire et la coordination à côté de la pratique du sport lui-même.
La préparation physique du joueur de tennis devra donc suivre deux lignes d’action : l’une de culture physique générale, l’autre plus spécialisée, habituant les muscles et son cerveau à agir dans le sens voulu et avec la rapidité nécessaire »




MONSIEUR JOSEPH STOLPA, MAÎTRE PROFESSEUR DE TENNIS
« Le timing ! Le timing ! Un bon joueur de tennis ne frappe pas la balle, il l’accélère, il la caresse… » (Joseph Stolpa)

Joseph Stolpa

En avril 1989, j’ai eu la chance de rencontrer au Cercle Sportif Municipal de Marseille monsieur Joseph Stolpa maître professeur de tennis.
Sa personnalité était marquée par son charisme, son enthousiasme, sa disponibilité, son empathie et son professionnalisme. Toutes ces brillantes qualités, il les mettait au service de ses élèves, c’était un fin pédagogue. Alors que j’étais encore un jeune adolescent fougueux, émotif et plein de vitalité, il a su minutieusement me donner des outils techniques, tactiques, physiques et mentaux pour m’aider à me canaliser sur le court lors de mes compétitions.
Malgré ma petite taille, il m’a permis d’assimiler la technique du service et de prendre conscience de l’importance du rôle du timing dans tous les compartiments de mon jeu

Je me souviens très bien qu’il utilisait une pédagogie cognitive basée sur les images mentales et la kinesthésie afin que je puisse étendre mon état de compréhension. Son enseignement unique a permis à toute une génération de joueurs professionnels d’exercer leur passion : Françoise Dur, Ilie Nastase, Balazs Taroczy, Patrice Dominguez, Trévor Allan, Jean François Caujolle, Bernard Fritz, Guy Forget, etc.
Je me rappelle également, avoir vu de nombreux enseignants qui arpentaient des heures entières, de long en large, les abords de son court pour assister à ses entraînements !
Au travers de son école, monsieur Stolpa a mis le tennis, le « vrai tennis » à la portée de tous. Il ne faisait pas de différence entre un joueur de tennis professionnel et un débutant.
J’avoue très sincèrement que l’homme en lui-même m’a beaucoup influencé dans le choix de me former aux métiers de thérapeute/coach/enseignant afin d’aider à mon tour passionnément les joueurs de tennis et tous les amoureux du sport désireux exploiter toute la palette de leur potentiel physique et psychologique.
Comme le montrent de façon évidente les résultats et les recherches de son travail, monsieur Joseph Stolpa a influencé de nombreux joueurs, enseignants, coachs dans le monde du tennis d’hier et d’aujourd’hui, c’est pourquoi, je suis sûre que tous ses anciens élèves, se joignent à moi pour lui rendre hommage.
Marc LEFEBVRE
Ancien élève de monsieur Joseph Stolpa
Thérapeute/Coach/Enseignant certifié





"La plus belle activité à laquelle un être humain puisse accéder est l’apprentissage." Spinoza

"En stratégie, tout est simple, ce qui ne veut pas dire très facile."
Carl Von Clausewitz

"L’apprentissage organique est essentiel. L’apprentissage thérapeutique existe également, mais il est plus sain d’apprendre que de se soigner ou même d’être guéri. La vie est un processus, pas une chose. Ce processus se déroulera de façon satisfaisante si l’on garde à tout moment la possibilité d’influer sur lui de différentes manières. Même si la seule façon de faire que nous connaissons est bonne en soi, nous devons en imaginer de nouvelles " Moshe Feldenkrais

"L’imagination crée des choses qui peuvent exister ou arriver." Constantin Stanislavski

"Il n’est point de vent favorable à celui qui ne sait où il va." Sénèque

"Le golf est un exercice sans fin. Je cherche à reculer mes limites et, en golf je ne les atteindrai jamais. Le cent pour cent n’existe pas dans ce sport." Greg Norman

"Je me suis fait une raison par rapport à la défaite. J’ai admis qu’elle existait, comme la pluie et qu’il fallait l’accepter, être prêt."
Guy Forget

"Le moi est une succession d’états de conscience et le corps, des possibilités permanentes de sensation." John Stuart Mill

"Je n’ai rien contre Cram, Coe, Ovett, ni contre aucun de mes adversaires. Ce sont de bons amis, je suis capable de les inviter à la maison, de sortir avec eux, d’avoir même de l’amitié. Mais une fois sur la piste, je ne les connais plus. J’ai un seul désir : les battre. C’est le sport." Saïd Aouita

"C’est entre les points et aux changements de côté qu’il faut se relaxer. Si j’ai besoin de reprendre contenance après un point disputé ou un incident d’arbitrage, je prendrai vingt-neuf secondes sur les trente autorisées entre chaque point. Et pendant ce temps, je ne me soucie pas du point ou du jeu à venir ni de la façon dont une décision de l’arbitre peut influencer le cours du match. A la place, je pense à autre chose. Je cherche mes enfants et ma femme parmi les spectateurs ou je localise les caméras et la télévision. Je vais jusqu’au bord du court pour essuyer le manche de ma raquette, je balaye la ligne de fond avec mes pieds, je rajuste les cordes de ma raquette. Tout cela est destiné à me dégager l’esprit de façon que je puisse reprendre les choses en main avec une attitude mentale aussi fraîche que possible." Jimmy Connors

"Most great communicators have in common certain skills of influence." Gennie Z. Laborde

"Je leur dois tout. A ma femme, à mes enfants, à mes parents. Sans eux, je n’aurais pas de but dans la vie et donc, je n’aurais pas cherché à rattraper les dix minutes perdue dans la première étape, je n’aurais pas attaqué à Saint Etienne, je n’aurais pas pris tous les risques sur les pentes de Luz Ardinen et je ne me serais pas battu à Vassivière." Greg Lemond

"Je suis double : quelques fois, une partie de moi rit quand l’autre pleure."
Ernest Renan

"Gagner un match 7-6 au cinquième set, c’est pour ça que je vis." Jimmy Connors




Margaret Morris

Margaret Morris

NECESSITE DE LA PREPARATION PHYSIQUE AU TENNIS EN 1937 SELON MARGARET MORRIS
(Propos recueillis : « Initiation au tennis » *Suzanne Lenglen/*Margaret Morris/éditions Albin Michel en 1937)


« …………..Je me suis depuis longtemps entièrement consacrée à une étude approfondie des mouvements du corps humain, de l’effort musculaire et de sa coordination avec l’activité cérébrale.
Ce sont les conclusions que j’ai pu tirer de ces études qui m’ont amenée à formuler et à mettre au point ma méthode de culture physique générale. Mais naturellement, lorsqu’il s’agit d’adapter les principes d’ensemble de cette méthode aux besoins d’un sport déterminé, je considère comme indispensable d’associer un spécialiste à cette étude.
Le fait que Suzanne Lenglen a bien voulu m’accorder sa collaboration est une garantie plus que suffisante de la valeur des principes sur lesquels je me suis basée. La carrière tennistique de Suzanne Lenglen dépasse de loin celle de toutes les autres joueuses. Mais elle ne se contente pas de posséder une extraordinaire virtuosité. Elle s’est livrée à une étude approfondie des éléments constitutifs de cette virtuosité, elle en a fixé les principes et dégagé les moyens de les transmettre clairement aux débutants.
Notre collaboration prit naissance presque par hasard. Elle me fut suggérée par le marquis de Cholmondeley, un des premiers et des plus ardents pionniers de l’union de la culture physique et du sport. Lorsque je lui manifestai mon désir de me faire rencontrer Suzanne Lenglen qu’il avait pu apprécier dans l’accomplissement de l’œuvre d’éducation physique à laquelle elle se consacre.
J’envoyai donc Miss Betty Simpson (directrice-adjointe de mon école d’éducation physique) à Paris pour démontrer ma méthode de culture physique générale, et d’exercices respiratoires. Suzanne Lenglen fut si vivement intéressée par cette démonstration, qu’elle fit immédiatement incorporée les exercices dans les classes de culture physique de son école de tennis, pour améliorer leur capacité respiratoire, leur tenue générale, leur équilibre et leur contrôle musculaire. Elle fut si satisfaite des résultats obtenus simplement par les exercices non spécialisés, que lorsque je lui suggérai d’étudier avec moi une série d’exercices spécialement destinés au tennis, elle accepta avec enthousiasme.
Nous découvrîmes rapidement que nous étions complètement d’accord sur les principes fondamentaux de l’entraînement, et sur la nécessité d’un système d’exercices soigneusement gradués et tendant à entraîner aussi bien mentalement que physiquement, car la rapidité de l’action intellectuelle de même que la rapidité de la réponse musculaire aux ordres du système nerveux sont aussi importants, et même davantage, que le développement de la puissance musculaire.
Cette dernière qualité peut très facilement être exagérée, car un trop grand développement musculaire entraîne la perte de la vitesse de mouvement. Nous nous engageâmes ensuite dans des heures et des heures d’étude des différents coups du tennis, analysant l’action musculaire de chacun.
Suzanne Lenglen m’indiquant l’exécution parfaite du coup, pendant que je mettais au point les exercices faisant travailler les muscles correspondants, dans des conditions analogues. Naturellement ces exercices ne peuvent et ne doivent pas être la répétition exacte des mouvements de tennis, ils doivent présenter un caractère d’exagération par rapport à ces derniers, destiné à développer l’action musculaire au-delà du point où elle est utilisée dans le mouvement de tennis même. Au cours de tout ce travail, nous reçûmes l’aide la plus précieuse des collaborateurs de Suzanne Lenglen, de même que de Miss Simpson.
Le sujet fut étudié et discuté des points de vue les plus différents ; celui de l’enfant à ses tout premiers débuts dans le tennis ; celui du jeune joueur ayant déjà acquis une certaine connaissance du jeu, mais désirant corriger les mauvaises habitudes déjà acquises ; celui du bon joueur enfin, ayant besoin d’améliorer sa condition physique et ses qualités de contrôle musculaire et d’équilibre pour pouvoir progresser plus avant.
Au cours de cette étude, nous avons été amenées toutes deux à nous demander pourquoi la moyenne d’exécution dans tous les jeux était aussi peu brillante. Nous sommes arrivés à la conclusion que ceci était dû au fait que l’immense majorité des joueurs s’imaginait, on ne sait pourquoi, que les gestes nécessités par un jeu n’avaient pas besoin de s’apprendre.
La solution appliquée instinctivement par les débutants a cependant toutes les chances d’être la mauvaise et de devenir à la longue une habitude presque impossible à corriger. Suzanne Lenglen me déclara même qu’elle obtenait de bien meilleurs résultats avec des élèves n’ayant jamais joué qu’avec ceux ayant déjà une certaine pratique du jeu. Ces derniers, quoique certaine facilité certains, le font toujours de telle manière que leur exécution ne peut être améliorée au point de les rendre de bons joueurs qu’en leur faisant oublier tout ce qu’ils savent et en recommençant entièrement leur éducation.
Il est évident que certains individus doués de façon toute particulière peuvent arriver instinctivement à une exécution correcte ou que certains autres, encore plus rares, peuvent parvenir à obtenir des résultats, avec une exécution incorrecte. Mais c’est une erreur grave que de vouloir prendre une exception pour modèle.
Il existe toujours une bonne et une mauvaise manière d’exécuter un mouvement déterminé, et ceci aussi bien par rapport aux caractéristiques individuelles, que par rapport au but recherché. On peut donc dire, en fin de compte, qu’il n’existe qu’une seule façon d’exécuter un mouvement : la façon la meilleure pour chaque individu.
Pour arriver à ce résultat, l’entraînement doit donc être envisagé de deux points de vue différents.
1°L’individu.
2°Le but à atteindre (jeu, sport ou occupation auquel l’individu se destine). L’individu doit donc être l’instrument d’exécution le plus parfait possible, possédant une bonne « tenue physique », une bonne coordination, un bon contrôle musculaire, de l’agilité et de l’endurance.
Ces qualités sont simplement les bases fondamentales du mouvement humain. Mais elles ne sont que des bases sur lesquelles ont doit construire et développer d’autres qualités plus spécialisées suivant le but à atteindre. Ces qualités sont naturellement différentes selon qu’il s’agit d’un boxeur, d’un golfeur, d’un joueur de tennis ou d’un coureur à pied. L’entraînement, par conséquent, doit se diviser en deux catégories que nous qualifions de « entraînement de base » et « entraînement préparatoire ».
Le principe sur lequel sont basés ces divers exercices préparatoire est le suivant : il est aussi facile de prendre une bonne habitude qu’une mauvaise, pourvu qu’un mouvement déterminé soit accompli suffisamment souvent de façon correcte.
Les mouvements employés dans un jeu quelconque doivent être fondus dans le type de général de mouvement de l’individu, envisagés de telle sorte qu’en fin de compte le tout résulte en un mouvement qui est le meilleur pour permettre à cet individu d’atteindre le but cherché.

Le meilleur mouvement est celui qui remplit sa fonction avec le minimum d’effort et le maximum de simplicité, et par conséquent, avec la grâce qui naît inévitablement d’un mouvement parfait. Le secret de cette perfection est l’alternance idéale de la contraction et de la détente. Cette alternance, elle-même, naît de la bonne combinaison du cerveau et des muscles.

Par des exercices choisis, nous avons donc voulu développer les qualités essentielles suivantes :
1°Bonne capacité respiratoire, permettant une grande facilité d’exécution de mouvements et l’utilisation maxima de la vigueur musculaire dans toutes les directions ;
2°Bons réflexes, permettant des réactions immédiates en présence de situations imprévues et une grande rapidité de mouvements dans toutes les directions ;
3° Développement, mais sans exagération, des muscles suivants : muscles des jambes, rendant possible la grande rapidité de déplacement et l’endurance nécessaire et facilitant aussi l’élasticité indispensable des genoux.
Muscles commandants la rotation du torse, permettant l’utilisation de ce dernier dans l’exécution des coups qui entraînent de leur part une action extrêmement rapide à laquelle aucun des mouvements usuels ne les prépare.
Tous les muscles abdominaux (droits et obliques) et les extenseurs dorsaux permettant l’exécution facile et correcte des mouvements exécutés au-dessus de la tête ;
4°Rapidité du jeu de jambes et mobilité des pieds ;
5°Contrôle de la détente musculaire, évitant les contractions musculaires inutiles en dehors des moments où le muscle est en action, réduisant par conséquent la fatigue dans de fortes proportions ;
6°La tenue générale et l’équilibre, permettant les positions les plus difficiles et les reprises rapides en cas de rupture d’équilibre ;
7°Le saut et la réception correcte au sol, permettant de sauter rapidement dans toutes les directions et de se recevoir sans à-coups dans la position voulue. Les exercices de saut ont, de plus, tendance à développer sensiblement l’endurance.

Note : Le saut à la corde peut être utilisé en même temps que les exercices, mais à condition de n’en faire que très peu de temps à chaque fois. La répétition continuelle du même mouvement, même rapide, a tendance à alourdir les muscles et à faire perdre de la vitesse. Vous trouverez dans les exercices exactement les mêmes mouvements que ceux du saut à la corde, mais leur rythme a été varié, ils ont été intercalés avec d’autres mouvements de façon à produire le même résultat de développement sans les inconvénients signalés plus haut.




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